ESSAI EN CHAMP 2013 DUO WING-JET MARTIGNANI

PRÉAMBULE

Les actions mises en œuvre par CO.DI.TV. (Consortium pour la Défense contre les fléaux atmosphériques de Trévise) dans le domaine de l’assistance au secteur agricole pendant les années, ont été inspirées à l’obtention des productions tout en respectant l’environnement et la santé du consommateur. Parmi celles-ci on doit compter l’imposante activité d’étude et de divulgation qui concernent la lutte aux maladies en viticulture et, en général, l’utilisation correcte des pesticides sur les cultures.

Dans ce contexte le Consortium, au cours des cinq dernières années, a promu des initiatives pour la diffusion d’équipements technologiquement avancés pour la distribution des produits phytosanitaires: l’étalonnage des atomiseurs, l’utilisation de faibles volumes, de buses anti-dérive et de machines électrostatiques et, en particulier, il est devenu le protagoniste de la diffusion de pulvérisateurs de récupération.

Pendant l’année 2013 la mise en essai d’une nouvelle machine a été programmée en accord avec la coopérative agricole interprovinciale de Trévise et Belluno et la Société Martignani KWh: il s’agit de la machine Duo Wing-Jet auprès de la société agricole Dal Cin Costantino de Cordignano, localité au pied des collines entre les provinces de Trévise et Pordenone.

OBJECTIF DE L’ESSAI

DUO WING-JET MARTIGNANILa société Dal Cin se compose d’une superficie de 14 Ha de vigne, avec des systèmes de plantation en rangée, en partie avec taille Sylvoz. Les variétés présentes sont nombreuses, ainsi que la position géographique des plantations de vignes, mais l’essai a été effectué sur deux plantations près de l’habitation, sur les deux variétés: le prosecco et le pinot gris, la première très florissante, la deuxième ayant une cime plus contenue. L’utilisation de la machine aurait dû atteindre l’objectif d’obtenir une réduction de 40% du principe actif distribué en moyenne sur toute la période de défense de la culture.

Le protocole rédigé au début de la campagne visait à vérifier d’abord la qualité de la distribution du pesticide au cours de toute la campagne de défense, en utilisant la machine en quatre modes:

1. Passage sur tous les inter-rangs (version à rangée unique);

2. Passage sur des rangées alternées (version à double rangée);

3. Passage sur des rangées alternées dans la première période avec une végétation encore réduite et ensuite sur toutes les rangées;

4. Passage sur des rangées alternées mais en variant les parcours d’un traitement à l’autre.

La machine a été livrée à la société en date du 28 mai, lorsque les premiers 5 traitements avaient déjà été effectués et cela a conditionné l’essai, qui a été relié aux indications fournies par le constructeur, c’est-à-dire l’utilisation en version à deux rangées du début à la fin de la campagne. Cependant, les observations faites sur la machine, sur la qualité de la distribution du pesticide, sur les résultats obtenus et sur les perspectives d’utilisation de la machine ont eu une attention particulière.

DEROULEMENT DE L’ESSAI

DUO WING-JET MARTIGNANIUn total de 12 traitements a été effectué, parmi lesquels les premiers 5 avec le pulvérisateur d’entreprise en date du : 24/04, 03/05, 12/05, 18/05, et 26/05; les autres 8 avec Duo Wing-Jet en date du: 03/06, 12/06, 22/06, 01/07, 13/07, 27/07 et 13/08. L’année a été particulièrement difficile en raison d’un cours saisonnier très pluvieux dans les mois de Mai et Juin (voir les données thermopluviométriques ci-jointes) qui a forcé les viticulteurs à effectuer les interventions de défense au cours des “fenêtres” qui s’ouvraient entre une pluie et l’autre. La pression du mildiou dans ces conditions est remarquable et dans plusieurs situations des attaques à la grappe ont eu lieu et ont causé des réductions considérables de la production.

L’utilisation de la machine avec support électrostatique et à faible volume (en moyenne 100 I/Ha), même si le départ a été renvoyé au 03/06, a permis une réduction d’environ 40% du principe actif et en même temps a garanti une production exempte de parasites d’aucune sorte. Le placement des cartes sensibles a toutefois confirmé les doutes initiales, c’est-à-dire: la partie atteinte directement par la giclée est plus mouillée par rapport à la paroi extérieure, qui reçoit le flux en retour (voir les images des cartes ci-jointes). En ce qui concerne le refoulement de l’air, la machine est équipée d’un système de réglage qui permet de doser le débit en fonction des besoins et, en augmentant l’air, le « débit de retour » augmente aussi, avec une légère amélioration de la situation en ce qui concerne les parois extérieures.

Par rapport à la demande de puissance, un tracteur Same avec 85 CV a été utilisé, qui a démontré sa capacité à répondre aux besoins. Toutefois des puissances inférieures ne peuvent pas être utilisées dans la phase de démarrage et avec des grands volumes d’air.

La maniabilité de l’ensemble tracteur-pulvérisateur nécessite d’une attention particulière, car la machine ouverte tourne sur un rayon d’action assez large, égal à celui requis par les machines à tunnel à deux rangées, mais inférieur à celui requis pour les tris. Pendant la campagne d’utilisation il n’y avait pas de dommages bien que, dans les différentes situations, la machine soit également entrée dans des parcelles avec des tournières de petites dimensions et avec des obstacles de toutes sortes.

La ligne de défense contre le mildiou (l’adversité la plus redoutable dans la région de la Vénétie) a vu I’alternance de produits de couverture, dans la phase initiale, avec des produits cytotropiques et systémiques dans la phase intermédiaire et une clôture avec un retour aux produits de couverture.

La consommation de carburant était de 43 l/traitement, 3,07 l/ ha et, compte tenu de la position des parcelles (certaines sont situées à 3 -4 km de l’entreprise) n’était pas élevée. La durée du traitement était en moyenne inférieur à 6 heures pour une superficie de 14 Ha, donc égale à 25 min/ha.

CONSIDERATIONS

DUO WING-JET MARTIGNANILa machine qui a été mise à l’essai, bien qu’avec les limitations dues à son utilisation retardée, présente les caractéristiques suivantes:

1. Excellente autonomie de travail : avec un réservoir de 15 hl, une dose de 100 l/Ha permet de traiter 15 Ha.

2. Grande efficacité anti-dérive: à partir de l’observation avec la machine en fonction et de l’analyse effectuée le soir avec le produit fluorescent on confirme que, au-delà de la paroi en retour, la dispersion de produit est vraiment limitée et ce permettra d’utiliser la machine dans des conditions critiques, en raison de plantations à proximité d’autres cultures, des routes et des zones résidentielles.

3. Excellente micronisation de la goutte avec une distribution très uniforme sur la végétation, aussi bien sur la paroi directe que sur la paroi extérieure.

4. Distribution non uniforme sur les deux parois, donc il faut trouver des solutions techniques pour la machine ou, alternativement, pour le mode d’utilisation.

En ce qui concerne le premier point, au moins deux diffuseurs peuvent être placés (en bas et en haut) sur la paroi soufflante de façon à augmenter l’apport de pesticide « de retour » en faveur des parois extérieures. Alternativement (et I’hypothèse a été testée cette année) on peut ouvrir les deux diffuseurs qui ne sont pas utilisés : le diffuseur le plus bas et le diffuseur le plus haut, orientés contre la « paroi soufflante » avec effet ping-pong. Ceci a légèrement amélioré le dépôt de produit sur la paroi extérieure. En ce qui concerne le mode d’utilisation on doit préciser que la non-homogénéité de la distribution du produit sur les deux parois (intérieure et extérieure) peut être gérée intelligemment en fonction des temps et des situations. Les hypothèses, à expérimenter, peuvent être nombreuses et, selon notre avis, peuvent qualifier la machine pour sa polyvalence.

Comme indiqué dans l’illustration du protocole original, il est possible de penser à une utilisation en « double rangée » au cours des premiers traitements ou sur des vignobles avec une croissance végétative insuffisante, car la quantité de produit rejeté peut être suffisante pour une couverture efficace de la paroi extérieure.

En deuxième analyse on doit se rappeler que, pour les vignobles de grandes dimensions, l’alternance des parcours entre un traitement et l’autre ne constitue pas une augmentation du coût et sera en mesure de résoudre le problème mentionné ci-dessus.

Un autre effet à considérer est que avec l’utilisation de produits systémiques, généralement utilisés dans la phase la plus risquée, le « mouvement » du principe actif dans les voies lymphatiques contribue à l’amélioration de la dislocation dans la végétation. On ne doit pas négliger l’hypothèse d’utiliser la machine en mode à rangée unique dans les périodes de plus grande « pression de la maladie » et de la reétalonner à la fonction à deux rangées dans les périodes les moins risquées. Dans ce cas, on peut augmenter la vitesse ou réduire le débit d’eau de pulvérisation.

Le dernier mais pas le moindre, on peut adopter la stratégie de réduction des intervalles entre les traitements, en utilisant la machine en fonction à deux rangées, pour garantir une couverture fréquente avec une bonne uniformité de distribution, passant en alternance entre les rangs.

Dans toutes les situations exposées, compte tenu de l’excellente capacité de stockage du produit sur la végétation, la concentration du produit en raison du volume faible et l’effet de la fonction électrostatique, on croit que la machine peut être utilisée avec l’objectif de réduire d’au moins un tiers l’utilisation de pesticides par rapport aux atomiseurs conventionnels et encore en usage répandu dans les zones viticoles. En même temps, l’utilisation de cette machine permet de contenir de manière décisive l’effet dérive avec des avantages évidents pour l’opérateur et pour le milieu environnant. La possibilité d’effectuer les traitements avec 100 I/Ha détermine également l’accélération des opérations qui, avec la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires, constituera un avantage économique qui peut atteindre, dans les différentes situations, des montants estimés entre 200 et 400 €/Ha.

Nous ne devons pas oublier que la diffusion de machines et d’équipements qui ont été conçus avec une attention particulière à l’homme, à la production et à l’environnement détermine, dans le long terme, un effet positif sur la crédibilité. L’investissement dans la « bonne technologie » doit être considéré comme un choix clairvoyant que, dans le long terme, déterminera une relation correcte entre le secteur agricole et la collectivité, entre le producteur et le consommateur et entre les jeunes générations et le travail à la campagne.

Oddino Bin Technicien Condifesa Trévise

Pour en savoir plus sur le pulvérisateurs de récupération Duo Wing-Jet